08/04/2011

LE JOUR OÙ JE VOUS VIS ......... de JEAN RICHEPIN .............

 

LE  JOUR   JE  VOUS  VIS

 

 

 

Le jour où je vous vis pour la première fois ,

 

Vous aviez un air triste et gai : dans votre voix

 

Pleuraient des rossignols captifs , sifflaient des merles ;

 

Votre bouche rieuse , où fleurissaient des perles ,

 

Gardait à ses deux coins d’ imperceptibles plis ;

 

Vos grands yeux bleus semblaient des calices remplis

 

Par l ’ orage , et séchant les larmes de la pluie

 

À la brise d ’ avril qui chante et les essuies ;

 

Et les ombres passaient sur votre front vermeil

 

Comme un papillon noir dans un rais de soleil .

 

 

 

 

 

‘’  de Jean Richepin ‘’ .

 

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03/04/2011

PRINTEMPS MYSTIQUE

 

 

 

 

PRINTEMPS  MYSTIQUE  

 

 

 

Sous la lune bleue aux caresses molles,

 

Par le clair obscur des bois épineux,

 

Le Printemps s’avance aux son lumineux

 

Des flûtes mêlées aux voix des citholes.

 

 

 

Entre des fronts blancs nimbés d’auréoles

 

Et des yeux rieurs d’enfants curieux,

 

Il passe à pas lents et mystérieux,

 

Et sus ses pieds nus pleuvent des corolles.

 

 

 

Cresson argenté, violettes fines,

 

Primevères d’or, pales aubépines

 

Tombent sur ses pas en clairs encensoirs ;

 

 

 

Et par les ravins, l’odorante neige

 

Des pommiers, fumant dans l’ombre des soirs,

 

Illumine Avril et son doux cortège.

 

 

 

 

 

 

 

de Jean Lorrain

 

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18/03/2011

LES CORBEAUX ...... de .... NÉRÉE BEAUCHEMIN ..........................

 

LES  CORBEAUX



 



 



 



Les noirs corbeaux au noir plumage,



 

 

Que chassa le vent automnal,



 

 

Revenus de leur long voyage,



 

 

Croassent dans le ciel vernal.



 



 



 

 

Les taillis, les buissons moroses



 

 

Attendent leurs joyeux oiseaux :



 

 

Mais, au lieu des gais virtuoses,



 

 

Arrivent premiers les corbeaux.



 



 



 

 

Pour charmer le bois qui s’ennuie,



Ces dilettantes sans rival,



 

 

Ce soir, par la neige et la pluie,



 

 

Donneront un grand festival.



 



 


Les rêveurs, dont l’extase est brève,



 

 

Attendent les vols d’ oiseaux d’ or ;



 

 

Mais, au lieu des oiseaux du rêve,



 

 

Arrive le sombre condor.



 



 


Mars pleure avant de nous sourire.



 


La grêle tombe en plein été.



 


L’homme né pour les deuils, soupire



 

 

Et pleure avant d’ avoir chanté.



 



 


‘’ de Nérée Beauchemin ‘’



 

 

 

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